Randonnée au grand duché de Luxembourg avec les Fjords de la Lienne
par Jan & Cie

Après notre fantastique expérience de l'année dernière (une randonnée de 3 jours combinée avec le week-end annuel de l'Equirencontre), nous avions envie d'allonger le voyage, jusqu'à une semaine entière.  C'est ainsi que nous avons parcouru 180 Km en cinq étapes, avec une journée de repos et une autre à la Fête du cheval de Tavigny.  Nous, c'était Mart et moi, trois de nos enfants et des amis et amies des environs.  Ce qui faisait onze Fjords avec leur cavalier et trois VTT pour le voyage, et le soir, il y avait, en plus, ceux qui veillaient à l'assistance technique de la journée (nourriture, transport du matériel et des quatre poulains par camion, d'une étape à l'autre).  Tout cela demande une énorme organisation.  Durant les semaines précédentes, nous avons fait tous les trajets à cheval pour ne pas avoir de surprise.  Nous avons chaque fois cherché des adresses où nous pouvions loger avec un minimum de confort (toilettes, eau...) et où nos chevaux pouvaient être séparés dans deux prairies.  Nous pouvions difficilement laisser ensemble étalon, juments et hongres.

Tout était préparé dans les moindres détails.  Il ne pouvait pas nous arriver grand'chose.  Le jour du départ, le mardi 28 juillet, la météo n'annonçait rien de bon.  Du temps variable avec de fortes averses qui devraient représenter environ 80 % de la pluie totale de la semaine, d'après le journal de Serge.  (A jeter ce journal !).

Premier jour :
L’étape Hierlot-Wathermal se passa très bien.  Un bon temps frais, une nébulosité variable mais pas une seule goutte de pluie...  Temps idéal pour chevaux et cavaliers.  A Wathermal, tout près de la frontière Luxembourgeoise, nous pouvions loger dans la maison encore vide d'amis qui ne s'y installeront qu'à partir de septembre.  Il y avait bien de la place et beaucoup d'ambiance.  Pour le premier jour, Mart avait tout préparé pour les gens et les poulains.  Pour le deuxième jour, ce travail revenait à Bas et à son camarade Olivier.

Le deuxième jour commença sous une pluie battante et je trouvais qu'il ne fallait pas se presser pour partir.  Cela pouvait encore s'éclaircir et nous arriverions simplement un peu plus tard le soir.  Bas partit déjà avec la voiture pour faire quelques courses.  Dix minutes plus tard, il était de retour : "J'ai bousillé la voiture !" Panique, eh oui : il avait déjà eu un accident sérieux avec une autre voiture.  Notre départ à dû être postposé d'un jour afin de s'occuper de l'accident et de retarder tous nos rendez-vous suivants.  Je dois dire que nous éprouvions un certain stress.  Mais ce n'est rien, nous devions continuer.

Troisième jour - deuxième étape :
Wathermal - Pintch.  Nous allons tenter un nouveau départ avec un temps frais et ensoleillé.  Tout le monde est prêt ?  Oui ?  Alors, nous partons.  Comme nous n'avions plus de voiture ce jour-là, Johan est venu nous aider avec sa Jeep.  Il a transporté les poulains et les parents de Mélissa se sont occupés du matériel et du repas du soir.  Nous avions à peine fait 100 m que Bas s'est écrié "Mon cheval boite".  Voilà autre chose !  Ce qui se passa à ce moment là, nous ne le saurons jamais, mais alors que tous les chevaux attendaient bien calmement sur le bord du chemin, ils ont, tout-à-coup, eut peur et après avoir fait demi-tour, ils se sont tous enfuis au galop.  Le jeune Yannick de douze ans tomba de son cheval et fit une lourde chute sur le chemin.  Il fallait le conduire chez le médecin.  Décidément, il était dit que nous ne parviendrons jamais à faire notre deuxième étape.  J'étais sur le point de tout abandonner pour rentrer à la maison mais ils m'ont tous remonté le moral.  L'assistance technique allait s'occuper de Yannick et nous allions partir enfin vers Pintsch.  Au fur et à mesure que nous avancions, nous voyions le paysage qui changeait.  Au Luxembourg, il y a beaucoup plus de vallées encaissées et cela demande plus d'efforts pour les chevaux.  Si, sur la carte, il y a 30 km, cela en fait 40 en réalité.  Les paysages et les panoramas sont superbes et les chevaux s'en sortent à merveille.  En cours de route, alors que nous étions au sommet d'une colline, j'ai téléphoné chez le médecin qui avait soigné Yannick.  (Le G.S.M. que je venais d'acheter n'était certainement pas un luxe dans un cas pareil).  Ce que j'ai entendu m'a rassuré,  Yannick n'avait rien de grave.  Dans une belle vallée, à Pintsch, nous avons logé dans le grenier d'une ancienne tannerie.

Quatrième journée - troisième étape :
Pintsch - Liefrange.  Cette journée allait être "l'étape-reine" de la randonnée.  Nous avons chevauché à travers la "Petite Suisse".  Nous avons gravi plusieurs cols de première catégorie par des sentiers empierrés particulièrement difficiles (faits de marches taillées à flanc de montagne) et enfin une tortueuse descente à pic vers le lac artificiel de la Haute-Sûre...  des panoramas à vous couper le souffle.  Liefrange se situe au bord du lac.  Il faisait beau, ce jour-là, pas trop chaud mais suffisamment ensoleillé pour faire un bon petit plongeon bien frais dans le lac, au soir.  Nous avons été accueillis avec nos chevaux chez des personnes qui organisent aussi des randonnées au Luxembourg.

Cinquième jour - quatrième étape :
Liefrange - Tavigny.  Normalement, nous devions rester une journée à Liefrange pour découvrir cette région mais à cause de l'accident, nous avons été obligés de partir tout de suite à Tavigny.  Au début, nous suivions encore de beaux petits chemins difficiles le long du lac mais ce fut surtout une longue étape : environ 45 km.  Nous sommes arrivés vers 18 h à Tavigny où nous devions participer le lendemain à la "Fête du cheval".

Sixième jour :
Tavigny.  Comme d'habitude, les Fjords connurent un énorme succès pendant la fête.  Ils se remarquent toujours parmi les autres chevaux grâce à leur caractère calme.  Après six jours, nous étions devenu un fameux groupe qui pensait surtout à s'amuser.

Septième jour:
Tavigny - Hierlot.  Une belle journée ensoleillée pour le retour.  Nous sommes revenus calmement au pas vers la maison car nous savions bien que notre randonnée était presque finie.  A midi, nous avons encore pique-niqué près d'un beau lac.  C'était dans un domaine privé mais Serge connaît tout le monde, et tout le monde connaît Serge...  Certain en ont encore profité pour faire un frais plongeon.  Le soir, à Hierlot, nous avons mangé les restes du Chili con carne qui avaient été congelé.  Nous avons aussi beaucoup parlé de la semaine écoulée, avec grand plaisir bien que nous étions fatigués.

Malgré les ennuis des premiers jours, le bilan est largement positif.  Au début, Mart et moi nous sommes demandés pourquoi nous faisions une chose pareille et si nous le referions un jour.  Mais ces contretemps sont des accidents normaux et l'ambiance était bien trop bonne pour s'arrêter à ça.  Déjà maintenant, nous pensons à l'année prochaine.  Nous irons à Pepinster (dans les Hautes Fagnes) du 10 au 17 août pour participer à l'Equirencontre '99.

Epilogue :
 je pourrais encore écrire un paragraphe concernant les qualités et les capacités de nos fidèles Fjords.  Ils ont parcourus 180 km en cinq étapes, et chaque jour, ils étaient toujours aussi frais.  Ils se sont déjoués des plus difficiles obstacles sans problème.  Ce sont de véritables trésors.  Et notre Ramona mérite une mention spéciale.  C'est une jument de 6 ans, notre toute première pouliche, qui a déjà eu trois poulains.  Nous ne voulions pas la prendre cette année car son poulain n'avait que six semaines.  Cela faisait trois mois qu'elle était en prairie sans travailler.  La veille du départ, le cheval de Jean-Baptiste boitait et nous avons décidé de prendre Ramona, du moins pour quelques jours.  Elle a fait toute la randonnée sans aucune préparation ni aucun entraînement et cela sans le moindre problème.  Elle était toujours dans le groupe de tête.  Johan préfèrerait que je ne l'écrive pas mais je le fais quand même, que chacun pense ce qu'il veut, cette jument n'a jamais été ferrée de sa vie.  Cette année encore, nous avons pris le risque de partir sans fers.  Ses pieds sont en parfait état après avoir parcouru 180 km, avec des chemins caillouteux et asphaltés.  Ce n'est pas un critère pour tous les Fjords mais cela prouve quand même la solidité des sabots d'un Fjord ordinaire.

extrait du n° 270 - avril 1999 - de la revue Hippo News
 

 
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