Depuis l'antiquité il y a deux classes de chevaux : la "noble conquête de l'homme", vouée à la chasse et à la guerre, souvent déclassée après quelques années de service intense, et le cheval de travail.
A tort nous l'imaginons essentiellement rural.
Au début du 20ème siècle, le cheval est partout au travail, à la ville autant qu'à la campagne.
Il transporte fardeaux et voyageurs, il tire la charrue, la herse, la voiture légère, l'omnibus, le tombereau, le camion, le fardier, les wagons de la mine et même le bateau.
Aveuglé par un bandeau, il actionne la meule du moulin à fruits familiale, le broyeur à ajonc dont il est nourri, les rouages de la brasserie industrielle, le manège de la machine qui pompe l'eau au fond de l'ardoisière, ou celui de la batteuse de la ferme.
La poste entretien 20.000 chevaux et les omnibus de Paris 15.000 et l'essor des charbonnages, de la métallurgie de l'exploitation du bois et des techniques alimentaires reposait encore sur le cheval, alors que les chemins de fer roulaient déjà sur des centaines de kilomètres de rails.
Cette formidable cavalerie, il faut la conduire, la ferre, la harnacher, la soigner, la loger (parfois sur plusieurs étages !), en assurer la reproduction et la vente
Bernadette Lizet nous présente cette face oubliée du cheval et analyse les interactions de l'époque entre éleveurs, marchants, maquignons et clients, guérisseurs et vétérinaires.
Un ouvrage passionnant, à lire absolument.