Matériel équestre
et sécurité par Alain Willemart
La sécurité à cheval dépend
de plusieurs facteurs : niveau équestre, vigilance et bon sens
du cavalier ; caractère, niveau de dressage et d’entraînement
du cheval y influent largement.
La bonne tenue du matériel est parfois oubliée.
Elle peut pourtant s’avérer capitale.
Nous avons demandé pour vous l’avis de professionnels de la sellerie
et de la bourrelerie, très au fait des articles dernier cri et
des diverses interventions de bourrellerie que connaissent bien des cavaliers
au long cours.
La bombe
Il est loin le temps où la bombe, ou "toque",
était sensée protéger le crâne à l’aide
d’une mince couche de liège recouverte de velours, le tout maintenu
par un élastique passé la plupart du temps au dessus de
la visière...
On est d’abord passé à des matériaux plus résistants
et amortissants, et on a mis au point la jugulaire à trois point
d’ancrage.
Mais ce n’est pas tout !
Depuis quelques mois, toutes les bombes utilisées en compétition
doivent répondre aux nouvelles normes européennes. Pour
être valables, ces produits doivent être frappés
du sigle "E.N. 1384".
Cette nouvelle norme comprend obligatoirement le harnais à au
moins 3 points d’ancrage "EN 1384" (certains modèles en ont quatre
!) comportant, à la pointe du menton, une petite coque rigide
en plastique (amovible).
Son rôle est de maintenir en place la jugulaire.
Pour les enfants, il vaut mieux la retirer car elle risque de les blesser
à la lèvre inférieure, cette dernière étant,
sur le visage de nos chères petites têtes blondes, plus
près du menton.
La protection proprement dite comporte deux couches : une coque interne
en ABS "EN 1384" et un rembourrage extérieur protecteur mat "EN
1384".
La visière doit être flexible, selon "EN 1384".
Cela évite d’offrir une prise trop importante susceptible d’entraîner
la tête du cavalier dans une direction non désirable. Attention,
la coque en ABS ultra léger absorbe très efficacement
les chocs, mais elle accomplit sa tache en se fissurant. Par conséquent,
si votre bombe encaisse un choc violent, il faut la changer car une
fois endommagée, la coque ABS ne doit plus servir (c’est la même
procédure pour les casques de moto).
Le rembourrage "EN 1384" est plus épais qu’auparavant, conférant
au cavalier une allure pas très gracieuse, certes, mais la sécurité
est à ce prix.
Les modèles de bombe répondant
à la norme "EN 1384" sont un peu plus chers que les autres et
ne sont pas encore obligatoires à la vente, mais leur usage le
sera lors des compétitions internationales.
A terme, il n’est pas impossible que les produits non conformes soient
retirés de la vente.
Si par souci d’économie, vous préférez vous orienter
vers un ancien modèle, informez-vous auprès de votre assureur
de ce que la norme "EN 1384" n’est pas requise pour être dûment
couvert.
La norme "EN 1384" vaut également pour les casques de cross.
Casque International Riding Helmets ltd -
labellisé par la FFE
Parmi les différentes coiffures de sécurité pour
les cavaliers, la FFE a sélectionné pour vous un modèle
de casque de fabrication américaine selon quatre critères
distincts : la sécurité, le confort, la polyvalence et
le rapport prix/prestations.
La sécurité est garantie par le label "EN 1384" : calotte
en ABS et harnais 4 points.
Le confort est garanti par le poids plume (450 g), la fermeture à
"clips", la ventilation et la couleur blanche.
Le même modèle existe aussi en bleu et en noir, mais nous
avons retenu le blanc pour sa capacité à réfléchir
les rayons solaires, évitant la surchauffe en randonnée,
endurance, TREC et autre activité d’extérieur.
La polyvalence est rendue possible par une casaque de velours noir avec
visière souple, transformant le casque en bombe classique lors
d’épreuves où la bombe noire est obligatoire.
Une bonne bombe
- par le Colonel Baron du Crottin de Chavignol
Tout le monde sait ce qu'est une bombe.
Mais savez-vous d'où vient sa forme si particulière?
Pourquoi ce petit noeud à l'arrière?
De quoi protège-t-elle exactement?
Une bonne bombe, ça ne pousse pas sur les arbres, n'est-ce
pas...
Il est bien entendu que la bombe du cavalier n'a rien de commun ni avec
celle de l'artilleur ou de l'aviateur, ni avec celle (glacée
ou en chocolat) du pâtissier.
Il s'agit simplement de la coiffure, également nommée
toque, dont le port est recommandé aux cavaliers par la plus
élémentaire prudence.
Historique
La bombe, ou toque de chasse, est née en Angleterre, à
la fin du 18ème siècle.
A cette époque, les gentlemen britanniques se coiffaient d'un
tricorne, à l'arrière duquel pendait la queue de la perruque,
ornée d'un ruban noir.
Le petit ruban de soie des toques actuelles est tout ce qui reste de
la perruque portée jusqu'à la fin du 18ème siècle.
Un jour, vraisemblablement gêné par les larges ailes de
son tricorne, quelqu'un eut l'idée d'en couper les bords, ne
gardant que la coiffe, et le bord antérieur formant visière.
Notre bombe était née.
Elle se perfectionna, et surtout se fortifia au cours du 19ème
siècle, évoluant de la simple coiffe de feutre qu'elle
était à l'origine, jusqu'à devenir le véritable
casque protecteur que nous connaissons aujourd'hui, formé de
bandes de forte toile collées en plusieurs couches (ainsi d'ailleurs
que le casque colonial d'une facture beaucoup plus légère
cependant).
La coiffe supérieure est en velours que l'on choisira le plus
ordinairement noir ou bleu marine, les teintes plus claires étant
souvent difficiles à porter et à assortir à l'ensemble
de la tenue.
Utilité
Contrairement à une idée reçue, la bombe ne protège
guère le cavalier en cas de chute, même sur un obstacle
dur (1).
Si elle garantit (relativement) contre la fracture (souvent ouverte)
du crâne, elle ne protège pas de la commotion cérébrale,
dont quelquefois, hélas, elle peut même aggraver les conséquences.
Le rôle principal, sinon unique, de la toque de chasse, est de
protéger la tête du cavalier des chocs, frontaux ou latéraux,
avec les branches basses...
Lorsqu'un cavalier s'engage, à vive allure, dans un taillis,
il lui suffit souvent de baisser la tête pour que tout ce qui
pourrait lui fouetter le visage glisse le long de la bombe, jusqu'à
ses épaules, et le garde de toute balafre.
Recommandations
Pour qu'une bombe soit utile, et serve à quelque chose, il faut
absolument qu'elle soit difficile, et même désagréable
à porter: pour ne pas être sur la terre ou dans la sciure
avant le cavalier, il faut absolument qu'elle lui serre le front et
montre une parfaite fixité, même sans l'adjuvant d'une
jugulaire ou des trois points d'attache réservés aux enfants
et aux dames.
Le cavalier masculin doit garder la possibilité de se découvrir
pour saluer (2).
Ndlr
(1) Les bombes actuelles, répondant au label européen
EN 1384, sont conçues pour pallier cette lacune typique
des bombes de conception ancienne: un matériau identique à
celui utilisé sur les casques de moto assure une grande partie
de l'absorption du choc.
(2) Cette galante remarque (pas de jugulaire pour les hommes pour cause
de salut) ne doit pas être interprétée par les cavaliers
comme une règle absolue.
On ne pourra leur reprocher d'avoir opté, par souci de sécurité,
pour la bombe munie du harnais 3 points.
Bottes
Pour les parents d’enfants cavaliers, le budget "bottes" est souvent
difficile à digérer, car l’enfant grandit, grandit,
grandit... et les bottes sont chères !
La tentation est souvent grande d’acheter une ou deux pointures au dessus
pour amortir plus longtemps leur achat.
Attention, dans des bottes trop grandes, le pied n’appuie pas convenablement
sur l’étrier.
Idem pour la bombe qui, achetée trop grande tombe sur les yeux
et aveugle l’enfant... Merci pour la sécurité !
Pour les parents de très jeunes cavaliers, une meilleure organisation
du marché de l’occasion devrait leur permettre de concilier sécurité
et finances.
Les brocantes équestres sont là pour ça !
Les bottes peuvent être remplacées par des bottillons,
assortis de guètres (mini-shaps)
Traitement des cuirs.
Un mot seulement sur l’inspection des cuirs : une étrivière
ou une paire de rênes ne doivent pas être vérifiées
à plat, il faut les tordre un peu afin
de faire apparaître les éventuelles craquelures.
Trop profondes, elles sont généralement synonyme de rupture
à brève échéance.
Même bien entretenu, le cuir s’use par frottement, surtout les
étrivières et les contre-sanglons.
Connaissant l’implication de ceux-ci dans la sécurité
du cavalier, il est donc nécessaire de les inspecter minutieusement
à la veille d’une longue et riche saison.
Le cuir ne s’est-il pas trop aminci au contact de l’étrier et
du porte-étrivière ?
Outre ces deux points sensibles, l’étrivière s’amincit
sur toute sa longueur en frottant contre les quartiers de la selle.
Les coutures d’étrivières et de sangle près de
la boucle ne sont-elles pas trop usées par le même frottement
ou rongés par le sel de la sueur ?
Les parties métalliques du harnachement
doivent également être inspectées et entretenues,
en particulier les ardillons (pointes articulées des diverses
boucles que comporte le harnachement).
Oxydé, l’ardillon devient abrasif et déchire le cuir autour
du trou dans le quel il doit être maintenu.
Pour le mettre hors d’état de nuire, il faut le frotter au papier
de verre et le graisser légèrement.
Le crochet de sécurité du porte-étrivière
doit également être inspecté.
N’est-il pas grippé ? N’est-il pas trop lâche non plus
?
Si vous n’avez pas confiance dans les sécurités d’étrivière,
vous pouvez doter votre selle d’étriers de sécurité,
soit le modèle avec un gros élastique qui saute et libère
le pied en cas de chute, soit celui dont les deux montants verticaux
plient en leur milieu, permettant au pied de se dégager en cas
de chute.
Par ailleurs, l’étrier nu est glissant.
Les modèles dotés d’antidérapants en caoutchouc
sont plus sûrs.
Mais le caoutchouc s’use aussi... Pensez à remplacer les garnitures
à temps.