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que mange votre cheval
- le système digestif du cheval - horaire des repas

préfané - matière seche - les fibres et l'alimentation du cheval - Le foin et la paille - Comment vérifier la qualité du foin - foin royal

  ! L'alimentation et le choix de la litière sont liés




Que mange votre cheval ?
par Alain Willemart

Avertissement : ce dossier n’a pas la prétention de tout dire sur l’alimentation.  La diététique est en soi une science extrêmement vaste en ce qu’elle emprunte à toutes les autres disciplines (médecine, chimie, biologie, biochimie, chimie minérale, chimie organique, physique des fluides et des solides...).
La diététique appliquée au cheval est plus vaste encore, et il faudrait 10 numéros entiers d’HippoNews pour espérer en faire le tour.  Une initiation au sujet, un rappel des données de base et des préceptes à respecter, la présentation des nouveautés en matière d’aliments pour chevaux : voilà ce que propose ce dossier.
 

Parmi les nombreuses questions soulevées par l’acquisition d’un cheval, l’alimentation n’apparaît généralement pas comme la facette la plus passionnante.
Il faut dire que le néophyte a déjà de quoi se froisser les méninges avec tant d’autres aspects : quelle race choisir ?  Comment l’accueillir ?  Où le loger ?  comment l’élever ?  Comment le harnacher ?  Comment le ferrer ?  Comment l’entraîner ?  comment le soigner ?  Comment lui parler ?...

Quand vient la question de l’alimentation, l’essoufflement causé par toutes les autres questions fait qu’on se réfugie bien souvent derrière l’expérience du soigneur - si le cheval est en pension - ou derrière le savoir-faire du marchand de grain - si on soigne soi-même - qui vous livre un sac de “mélange pour chevaux”, prêt à l’emploi.  L’alimentation est pourtant un facteur capital de la bonne santé du cheval.  On est ce que l’on mange, non ?

Que mange le cheval ?
A l’état sauvage, le cheval mange les diverses espèces d’herbes qui composent les pâturages sauvages...  et il y trouve son compte !  Car l’herbe (variée) est un aliment parfaitement équilibré.  Par contre, l’herbe n’est pas très énergétique, ce qui n’est pas très grave pour le cheval sauvage, puisqu’il ne travaille pas.  En revanche, si le cheval travaille, c’est-à-dire s’il exécute d’autres tâches que celle de se déplacer paisiblement pour se nourrir, l’herbe ne suffit pas, il faut un complément.  Pour un cheval au repos, l’herbe suffit, du moins tant qu’il y en a : sous nos latitudes en principe, l’herbe ne pousse plus durant l’hiver et les chevaux domestiques n’ont pas la possibilité de migrer plus au sud pour aller la chercher.

Lorsqu’on observe l’herbe de près, on remarque qu’elle est constituée, comme toute plante, d’une tige munie de feuilles.  Ce sont ces feuilles qui sont nourrissantes et que le cheval apprécie, et non la tige.  Trop haute (25 cm), l’herbe “monte en graines” et est proportionnellement moins nourrissante et moins appréciée que l’herbe courte.

De quoi a-t-il besoin ?
Comme nous, le cheval a besoin d’absorber une alimentation équilibrée.  Il ne suffit donc pas de lui donner les “bons” aliments, encore faut-il respecter les proportions respectives de chaque ingrédient pour obtenir une ration équilibrée répondant à ses besoins.  Pour cela, il faut retenir qu’un élément bénéfique n’est jamais bon en soi, mais toujours en interaction avec d’autres.  Ainsi, un supplément vitaminique ou minéral n’a de sens que s’il comble une carence.  Un excès de cellulose peut causer des coliques, une insuffisance peut en causer également.  Il en va de même du calcium et du phosphore...

Le cheval a besoin des éléments suivants :
- Les glucides : (on dit aussi “hydrates de carbone”), comme le sucre et l’amidon.  Ils procurent l’énergie (les calories) à l’organisme.  Le cheval qui travaille les trouve surtout dans les céréales.
- Les lipides : ce sont les graisses.  Elles fournissent aussi de l’énergie à l’organisme, sauf si ce dernier ne les dépense pas, en quel cas, le cheval les stocke : il grossit.  Le maïs, par exemple, en contient beaucoup.
- Les protides (ou matières azotées) : ce sont les protéines, dont le rôle est de réparer l’usure de l’organisme due à son propre fonctionnement et de fabriquer la matière vivante nécessaire à son développement.  Le foin en contient beaucoup.  Parmi les grains, c’est l’avoine qui en contient le plus.
- La cellulose : ce sont les fameuses fibres dont Kellog’s parle tant...  Contenue dans l’écorce des grains, mais aussi dans la structure des feuilles et dans les tiges des plantes (herbe, foin, paille).  La cellulose ne nourrit pas, ou presque pas, car elle est constituée de cellules mortes au contenu cellulaire réduit.  Mais comme à l’état sauvage, le cheval ne peut s’empêcher d’en absorber en broutant, son système digestif d’herbivore s’est adapté à l’absorption de ces fibres.  Poids mort dans l’intestin, la cellulose constitue néanmoins l’indispensable “lest” déplissant les parois intestinales, favorisant ainsi le transit et la digestion.
- L’eau : Le cheval en consomme 15 à 60 litres par jour.  Elle doit être fraîche (8 à 15 degrés) et propre.
En sueur, le cheval risque des coliques (obstructions intestinales) s’il boit de trop grandes quantités à la fois.  Il convient de “couper l’eau”, en introduisant un doigt à la commissure des lèvres, de manière à désamorcer la pompe naturelle, et de le laisser s’abreuver à nouveau après une pause d’une minute.  L’eau de source ou l’eau du robinet est préférable à l’eau de pluie, trop pauvre en sels minéraux.
- Les minéraux :  Ce sont les fameux symboles, simples ou composés, du tableau de Mendeleïev qui a tant fait souffrir certains d’entre nous, à l’école...  Ces éléments sont contenus dans la ration journalière équilibrée, mais certains régimes et certaines maladies peuvent induire des carences, donc nécessiter un appoint.  Les minéraux sont très importants chez le cheval : il contribuent à la robustesse du squelette et au bon fonctionnement des muscles.  Certains minéraux sont nécessaires en grande quantité (plusieurs dizaines de grammes/jour).
Ce sont les “Macroéléments” : calcium et phosphore, sodium, etc.  D’autres éléments ne sont nécessaires qu’en doses infinitésimales (quelques milligrammes/jour).
Ce sont les “Oligoéléments” : fer, cuivre, zinc, iode, sélénium, manganèse.  Ces derniers (indispensables) ne sont pas produits par l’organisme, il faut donc que le cheval les trouve dans sa nourriture.
Les carences en oligoéléments sont relativement rares, sauf en ce qui concerne le zinc et le cuivre.  Ceux-ci sont souvent trop peu présents dans les fourrages, même de bonne qualité.  Ils jouent un rôle important, notamment dans le système ostéo-articulaire, le système pileux (poils, corne) et le système immunitaire.  Une pierre à lécher peut y remédier.
- Les vitamines :  Comme les minéraux, les vitamines sont issues du tableau précité, mais ce sont des composés organiques, c’est-à-dire toujours associés à des molécules de carbone.  Les vitamines sont donc des compléments organiques complexes qui jouent un rôle important dans le fonctionnement de l’organisme du cheval : croissance, travail, reproduction, etc.  Les plus importantes sont les vitamines A, D et E.

Quel(s) complément(s) ?
Nous avons vu que l’herbe seule ne suffisait pas à alimenter un cheval qui travaille.
Noter ici que le “travail” n’est pas nécessairement l’activité équestre proprement dite.
Gestation, allaitement et saillie sont également des “travaux”.

Les aliments sont principalement de deux ordres : les fourrages et les concentrés.

1) LES FOURRAGES
Les fourrages sont (en plus de l’herbe) : le foin et la paille.
• Le foin
riche en calcium et en protéines
Il peut être constitué de graminées (herbes de prairie) ou de légumineuses (trèfle, luzerne), ou encore, d’un mélange des deux.  La récolte et le stockage du foin sont deux choses très délicates : sa valeur nutritive dépend du moment de la récolte, de la qualité de son séchage (soleil) et du soin apporté à son stockage.  Trop humide, il fermente et moisit (dangereux pour le cheval).
La meilleure méthode pour inspecter un ballot de foin est de l’ouvrir.  Il doit avoir une odeur agréable, être sec, exempt de terre et de poussière, être vert foncé (et non vert clair ou brun), et doit comporter davantage de feuilles que de tiges.
• La paille
riche en fibres (cellulose)
Elle est constituée du pied de certaines céréales, généralement le froment, l’avoine ou le blé (évitez les pailles d’orge et de seigle, qui peuvent causer des lésions graves au système digestif du cheval).  Sa valeur nutritive est négligeable, mais elle joue, avec le foin, un rôle important dans le transit intestinal (nous le verrons plus loin).
L’évolution de l’agriculture a fait apparaître de nouveaux conditionnements du fourrage.  Voir à ce sujet l’article de Théo Koolen, dans ce dossier.

2)  LES CONCENTRES
Les “concentrés” ne désignent pas nécessairement des produits transformés artificiellement, comme les granulés, mais aussi des aliments naturels dont la valeur nutritive est plus élevée que celle de l’herbe, du foin et de la paille (à poids et/ou à volume équivalent), donc plus concentrée.

LES GRAINS
• L’avoine
moyennement énergétique, plus riche en protéines que les autres grains, propriétés excitantes
Le langage courant fait souvent passer l’avoine pour la base alimentaire indispensable du cheval.  C’est faux.  Dans certains pays, elle est même totalement absente de la ration.  Elle offre des propriétés nutritives satisfaisantes mais moins économiques que d’autres céréales.  Elle a des propriétés toniques stimulantes pour les chevaux “froids” ou lors des compétitions.  Inversement, cette faculté excitante devient excessive chez les chevaux “chauds”.  Mal dosée, l’avoine peut être “échauffante” et irriter la muqueuse intestinale.
L’avoine doit être sèche.  Celle récoltée dans l’année ne doit pas être donnée au cheval, car trop humide.  Le grain est tendre, mais concassé ou aplati, il est plus digeste et augmente de volume.
• L’orge
très énergétique
Excellent aliment.  Plus dur que l’avoine, il est souhaitable que le grain soit aplati, concassé ou floconné.
• Le maïs
très énergétique
Le maïs est très riche en lipides, donc en graisses.  C’est un excellent reconstituant pour un cheval amaigri (maximum : 5 à 10 % de la ration), mais il ne faut pas en abuser : non brûlées, les graisses sont néfastes.
Le grain doit également être concassé, aplati ou floconné.
• L’épeautre (blé d’hiver)
riche en lizine. (favorise le métabolisme musculaire)
• Graines de lin
laxatif, excellent pour le poil
Crues, les graines de lin sont toxiques si servies en grandes quantités.  Par contre, une poignée dans le picotin est bénéfique.  Bouillies, elles peuvent entrer dans la composition de “mashes”, qui sont des rations rafraîchissantes et laxatives.

LES DERIVES, TOURTEAUX, FARINES

• Le son de blé
riche en cellulose, en protéines et très riche en phosphore
Le son est l’écorce du blé.  Il est souhaitable de l’humidifier avant de l’administrer, afin d’éviter qu’il gonfle dans l’estomac et aussi pour éviter qu’il pénètre dans les voies respiratoires.  Ce conseil est d’ailleurs valable pour toutes les farines.  Le son favorise le transit et favorise la venue du lait chez la jument.  Il n’est pas souhaitable d’en donner de trop grandes quantités car sa très haute teneur en phosphore risque de déséquilibrer le rapport calcium/phosphore.
• Tourteau de soja
très riche en protéines, très énergétique
C’est ce qui reste du soja après extraction de l’huile.  De loin le meilleur pourvoyeur en protéines (400 g de matières azotées digestibles/kg !).  Se distribue toujours avec d’autres céréales (ne pas dépasser 7 à 8 % de la ration journalière).
• Tourteau de lin
riche en protéines, laxatif
Résidu du lin après extraction de l’huile.
Effet laxatif.  Peut être recommandé (maximum 200-300 g/jour) chez les chevaux recevant de grandes quantités d’aliments concentrés, afin d’améliorer le transit.  Ne jamais en servir aux poulinières (provoque la rétention d’arrière-faix).
•  La mélasse
Provient du raffinage du sucre, donc de la betterave.  Très énergétique, elle est le plus souvent présentée mélangée avec des paillettes de lin ou d’avoine.

LES RACINES
- Carottes : friandise du cheval par excellence.  Elles sont très énergétiques à condition d’en donner beaucoup, car elles contiennent 80 % d’eau.  Volumineuses, elles réduisent la consommation de matière sèche, et donc, abaissent le niveau alimentaire global.  On peut les donner cassées en deux ou coupées en “frites”, jamais en rondelles (risque d’obturation de l’oesophage).
- Betteraves : comme les carottes, les betteraves sont très appréciées par le cheval, mais elles contiennent encore plus d’eau que les carottes.  Il faut les servir coupées en tranches.  Très énergétiques également.  En hiver, au box, elles peuvent compenser l’absence d’herbe en tant qu’aliment à forte teneur en eau.
 

LES FRUITS

•  Les pommes
Energétiques.
Egalement très appréciées par le cheval, mais il ne faut pas en abuser, elles peuvent provoquer des troubles intestinaux et des obstructions de l'oeusophage (empommage...)

LES ALIMENTS INDUSTRIELS
COMPLETS

Ces aliments se présentent sous diverses formes : complet (il ne faut rien ajouter), ou complémentaires (demandent un appoint de paille et de foin).  Ces aliments présentent tous l’avantage d’être étudiés en vue du meilleur équilibre alimentaire, à condition que le fabricant tienne ses promesses !  Mieux vaut donc s’orienter vers les grandes marques plutôt que vers des produits inconnus ou des sacs dont le contenu exact ne figure même pas sur l’emballage.  Attention, certaines marques proposent des produits alliant énergie extrême et compacité.  Mal utilisés, il peuvent s’avérer néfastes.  Il est impératif de respecter la posologie et de donner du lest pour que le cheval ait tout de même un certain volume dans le ventre.
 




Le système digestif du cheval
par Alain Willemart

Il est malaisé de vouloir comprendre pourquoi le cheval a besoin de temps et de calme pour manger ; que les grains concassés sont plus digestibles que les autres ; qu’une litière de paille contribue efficacement à lester son intestin, etc., sans connaître les particularités du système digestif du cheval et son fonctionnement.

Pour nous éclaircir l’esprit, voici un bref rappel anatomique.
Le système digestif du cheval se compose des parties suivantes :

• Les lèvres
Très sensibles et munies de longs poils tactiles, les lèvres sont également très mobiles.  Ce sont elles qui arrachent l’herbe ou saisissent la bouchée de nourriture en inspectant les éléments constitutifs du picotin ou du pâturage ; ce sont aussi elles qui détectent les pousses trop piquantes ou irritantes (barbes, épillets, chardons, etc.), et qui écartent les grains non désirés dans la mangeoire.

• La bouche
A l’intérieur de la bouche s’opèrent la mastication et la salivation.  Cette dernière est très importante : elle peut varier de 5 litres/jour à 50 litres/jour selon que le cheval mange du fourrage vert ou des rations sèches.  La mastication est essentielle chez le cheval, surtout s’il est nourri avec des concentrés : l’écorce des grains doit être broyée pour que l’intérieur puisse être correctement digéré par l’estomac.  La dentition du cheval permet un broyage efficace et d’autant plus fin qu’il n’a pas, comme la vache, la possibilité de régurgiter le bol alimentaire afin de le ruminer encore.  Il faut donc donner au cheval tout le temps et le calme nécessaires à une bonne mastication.  Celle-ci nécessite 20 minutes pour 1 kg d’avoine et 40 minutes pour 1 kg de foin.

La langue permet la circulation des aliments, ainsi que l’abreuvement.  C’est elle qui fait le vide dans la bouche pour y “aspirer” l’eau.  Elle fait également piston pour l’envoyer dans l’oesophage.

• L’oesophage
Composé de fibres musculaires, l’oesophage entraîne chaque bouchée vers l’estomac.

• L’estomac
A l’entrée de l’estomac se trouve le cardia, muscle fermant l’estomac et empêchant son contenu de suivre le chemin inverse, le cardia ne s’ouvrant que dans un seul sens, rendant impossible vomissement et ruminement.  La contenance effective de l’estomac est d’environ 10 litres.  Il sécrète le suc gastrique, acide qui attaque les aliments, cellulose exceptée (elle résiste au suc).  L’estomac se vide, par contraction, dans l’intestin grêle.

L’INTESTIN

• L’intestin grêle
Les aliments y subissent la digestion enzymatique due aux sécrétions biliaires et pancréatiques.  La cellulose n’y est toujours pas attaquée.  Le séjour des aliments dans les 22 m d’intestin grêle dure 1 à 2h.

• Le caecum et le colon
C’est la plus grande partie du système digestif du cheval (63 % du volume).  Il s’y trouve une flore intestinale microbienne (bactéries), seule capable de digérer la cellulose.  Cette attaque bactérienne n’est possible ni dans l’estomac, ni dans l’intestin grêle car les bactéries ne survivent pas en milieu acide.  Pour fonctionner correctement, les intestins du cheval nécessitent un certain volume de nourriture, ni trop, ni trop peu.    Le séjour dans le gros intestin dure près de 30h, dont 5h dans le caecum.

• Le rectum et l’anus
Elimination, dans le crottin, des résidus solides, ainsi que tout ce qui n’a pas été digéré.  L’inspection du crottin peut, à elle seule, éclairer de nombreux aspects du fonctionnement du système digestif : couleur, humidité, présence de vers, de grains entiers...  sont des indicateurs précieux !

Comment ça marche ?

Le cheval est un herbivore monogastrique (un seul estomac) ; cela signifie qu’il fait partie de la famille des non-ruminants, au même titre que l’âne et le... lapin (si, si !).
Par rapport à un herbivore ruminant (la vache par exemple, ou encore le mouton), le système digestif du cheval est caractérisé par un petit estomac (7 % du volume total) et un grand intestin.
La vache a, au contraire, un grand estomac (70 % du volume, répartis dans 4 “poches” différentes) et un intestin nettement plus petit.
Cette différence conjuguée à l’incapacité de l’estomac équin à digérer la cellulose (celle-ci est digérée par des bactéries, dans le caecum), fait que le cheval tire peu parti des aliments à forte teneur en cellulose, comme le sont, par exemple, les pâturages pauvres des climats arides.
En revanche, le cheval est capable de s’adapter à un pâturage pauvre en augmentant le volume de sa consommation de manière à couvrir ses besoins énergétiques, quitte à produire davantage de crottin.

Selon le type d’alimentation (concentrée ou non), la durée du transit variera, chez le cheval, de 26 à 36 h.
Chaque jour, c’est un volume de 60 à 100 litres (en comptant les sécrétions gastriques) qui transite dans le tube digestif.  L’estomac ne pouvant contenir que 10 litres, il est logique que ce dernier se vide 6 à 10 fois par jour.  En fait, il se vide dans l’intestin grêle chaque fois qu’il est plein et qu’un nouveau bol alimentaire se presse au portillon pour investir la place.  Dans le cas d’un cheval nourri au box, c’est-à-dire de manière ponctuelle, 2 ou 3 fois par jour, l’estomac subira plusieurs (1 ou 2) vidanges au cours du même repas.  Seul le dernier tiers du repas séjournera donc suffisamment longtemps dans l’estomac.

Ceci amène 2 grands principes de l’alimentation du cheval :
- 1° Il faut fractionner au maximum la ration quotidienne
La digestion de la partie amidonnée (énergétique) des grains se produisant dans l’estomac, la petitesse du repas allongera la durée de son séjour gastrique, favorisant ainsi sa digestion.  Un trop grand picotin sera gaspillé : les 2/3 des grains qu’il contient seront expédiés vers l’intestin avant d’être digérés par l’estomac.  Ils seront perdus, pour le cheval comme pour le porte-monnaie.
- 2° Il faut donner d’abord le fourrage, puis les concentrés
Les concentrés étant digérés dans l’estomac (et dans l’intestin grêle), et les fourrages étant principalement digérés dans l’intestin, il est normal de donner d’abord le fourrage puisque ce dernier n’a aucun intérêt à séjourner longtemps dans l’estomac, contrairement aux concentrés, qui ne demandent que cela.

Gonflements d’estomac
Le dernier tiers du repas demeure dans l’estomac durant 4 à 6h.  Nous avons vu que la digestion de certains aliments, comme le blé et le son, était susceptible de provoquer leur gonflement.  Pour cette raison, on ne peut dépasser certaines doses de ces aliments par ration.  En effet, le gonflement de l’estomac peut aller jusqu’à l’éclatement, dans la mesure ou une évacuation prématurée vers l’intestin est impossible car la place n’y est pas encore libre.  Ce gonflement dangereux peut également être provoqué par une boulimie “accidentelle”.  C’est le cas idiot du cheval gourmand qui s’échappe de son box pour dévorer le contenu d’un sac de grain.  D’où la nécessité de stocker la nourriture dans un endroit bien fermé...

L’abreuvement massif, après absorption des concentrés, favorise encore ce gonflement.  Dans le meilleur des cas, cela provoquera une évacuation prématurée vers l’intestin, défavorable à la digestion des grains.

Pour ces raisons, nous le répétons encore : le fractionnement de la ration favorise la digestion dans l’estomac tout en évitant sa surcharge.  Le menu idéal est, dans l’ordre : d’abord le fourrage ; puis l’eau (favorisant le transit du fourrage) ; et enfin, les concentrés.

La mastication du grain
Le grain étant enveloppé par une écorce de cellulose, les sucs gastriques ne peuvent atteindre sa partie interne (nutritive) si la mastication du cheval n’a pas broyé au préalable ladite écorce.  Entier, le grain traverse donc tel quel tout le tube digestif et en ressort intact.  Il est donc essentiel de veiller à ce que :
- 1° Le cheval mastique correctement.  Pour cela, chaque repas doit se dérouler dans le calme et dans un laps de temps suffisant.  On ne nourrit donc pas directement après le travail, car le cheval est encore chaud, énervé, voire essoufflé.  Malgré cela, certains chevaux mangent trop vite.  Une technique pour les ralentir consiste à placer des galets dans la mangeoire pour l’obliger à trier, donc à manger moins rapidement.
- 2° Le cheval doit avoir une table dentaire régulière, sans quoi, il ne peut broyer efficacement tous les grains.
Un vétérinaire équin peut y remédier.
Pour ces 2 raisons, il est toujours plus sûr de servir des grains aplatis ou concassés si l’on souhaite que la valeur nutritive des céréales soit exploitée au mieux.

Le cheval, fils prodigue de la chaîne alimentaire ?

D’une certaine manière, on peut dire que le cheval “digère mal”, puisqu’il gaspille une certaine partie des aliments qu’il ingurgite, même en prairie.  Les ruminants ont, au contraire, la réputation de tirer la quintessence de chaque brin d’herbe, grâce à leur système digestif plus performant.  Selon Roger Wolter (Alimentation du cheval, Editions France Agricole), “Cette particularité serait due à l’époque d’opulence fourragère dont le cheval aurait bénéficié durant son évolution, il y a quelque 50 millions d’années, lui autorisant un certain gaspillage, tandis que les ruminants se seraient développés en période de pénurie de bons fourrages, obligeant ceux-ci à davantage d’économie.”

Le tube digestif du cheval est donc prévu pour le transit relativement rapide de gros volumes de nourriture.  Lorsqu’on le nourrit de concentrés, donc d’aliments de faible volume, il est donc important de suppléer avec du volume, quitte à ce que celui-ci soit peu énergétique, voire pas nourrissant du tout (les contractions et le transit sont commandés par l’encombrement).
La paille est le principal lest alimentaire du cheval nourri au box.
Notez également que le concassage des grains fait augmenter le volume de ceux-ci de 20 à 30 %.

Unités de mesures et ratios • U.F.C.
“Unité Fourragère Cheval”.  C’est l’unité de référence qui sert à mesurer les besoins des chevaux.  Cette référence correspond à la valeur énergétique d’un kg d’orge.
A l’entretien, donc au repos, les besoins journaliers du cheval se calculent selon la formule suivante :
0,5 U.F./100 kg de poids vif + 2 U.F.
Cela signifie qu’un cheval de 500 kg a besoin de : 0,5 U.F. x 5 + 2 U.F. = 4,5 U.F., c’est-à-dire l’équivalent énergétique de 4,5 kg d’orge standard.

Chaque heure de travail journalier nécessite l’appoint suivant à la ration d’entretien :
- travail léger : 0,3 U.F.
- travail moyen : 0,5 U.F.
- travail intense : 0,7 U.F.
- travail très intense : 1 U.F.

Considérant qu’en randonnée, le cheval fournit un travail moyen durant 6 à 7 heures, ce qui correspond à un apport de 3 à 3,5 U.F. (7 x 0,5 U.F.), ce qui fait un total de 8 U.F.

N.B. : cette formule n’est qu’une base de travail.  Les besoins ne varient pas uniquement en fonction du poids du cheval, mais aussi en fonction de son âge (poulain ou adulte) ; du poids du cavalier ; du sexe du cheval (jument gestante ou allaitante, étalon en période de monte), etc.  Par ailleurs, l’U.F.C. détermine la valeur énergétique d’un aliment ; mais l’organisme du cheval nécessite également autre chose que de l’énergie : il lui faut des protéines, des minéraux, des vitamines...  Dans un prochain numéro, nous verrons comment équilibrer correctement une ration en fonction de tous ces paramètres.

• La matière sèche
C’est la matière résiduelle d’un aliment dont on a extrait toute l’eau.  Ainsi, une carotte contient 97,5 % d’eau, soit 125 g de matières sèche au kg.  A l’inverse, le foin ne contient que 10 à 13 % d’eau, soit 870 g de matière sèche au kg.  La quantité de matière sèche d’un aliment ne détermine pas sa valeur nutritive.

• Le coefficient d’encombrement
C’est le rapport entre la quantité de matière sèche contenue dans un aliment brut et sa valeur énergétique (kg M.S./U.F.).  Ce coefficient sera égal à 2 (2 kg de matière sèche doivent donner 1 U.F.) pour un cheval au repos, et il sera abaissé à un minimum de 1,2 (pour 1 travail intense).  Plus le rapport (chiffre) est élevé, plus le système digestif est encombré en fournissant peu d’énergie par rapport au volume (ce qui n’est pas bon pour le sport).

• Rapport Phosphocalcique
Le calcium et le phosphore sont deux minéraux indispensables au développement du squelette et au maintien de sa robustesse.  Il faut toutefois veiller à ne pas donner trop de l’un par rapport à l’autre.  Ce rapport (calcium divisé par phosphore) doit toujours être supérieur à 1, et doit idéalement être compris entre 1,5 et 1,8.  Un excès de phosphore déminéralise le squelette et le fragilise ; un excès de calcium gène l’assimilation des oligoéléments et fragilise les cartilages

Nous remercions cordialement le Dr Jean-Marc Lamolle, vétérinaire équin, pour son aide précieuse dans l’élaboration de ce dossier.

Bibliographie :
• Claude Arnould, 3ème Fer, chapitre 9, alimentation, FFE.

• 4ème Fer, alimentation du cheval de randonnée, 1988.

• Roger Wolter, Alimentation du cheval, Editions France Agricole, coll. “produire mieux”, Paris, 1994.

• Claude Lux, Bien nourrir son cheval, 2ème édition, Editions Maloine, Paris, 1997.

• Colin Vogel, Manuel complet des soins aux chevaux, Editions Vigot, Paris, 1996

• W. Martin-Rosset ed., L’alimentation des chevaux, Institut National de Recherche Agronomique, Paris, 1990.

• Dr. Jean-Marc Lamolle, Notions d’alimentation du cheval, Cours du C.R.E.P.A.C., 1998

extrait du dossier "l'alimentation du cheval" du n°264 de la revue HippoNews
 




Matière sèche :
attention aux chiffres

La matière nutritive d’un aliment est contenue dans la matière sèche qui le compose, pas dans l’eau qu’il contient.  1 kg d’orge, par exemple, contient 880 g de matière sèche, donc 120 g d’eau.  Ces chiffres ne sont pas absolus : le taux d’humidité d’un sac d’orge, s’il a eu peu “séché” au soleil, peut être inférieur à 12 %, ce qui peut fausser les données.  Certains tableaux donnent la valeur nutritive de l’aliment en g/kg de matière brute (M.B.), d’autres en g/kg de matière sèche (M.S.).  C’est ainsi que selon le tableau (disponible sur demande à la FFE), 1 kg d’orge brute (qui sort du sac) contient 1 UFC (unité fourragère) et 0,4 g de calcium, tandis qu’1 kg de M.S. d’orge contient 1,16 UFC et 0,9 g de calcium.  Cette différence est due au fait que la matière nutritive est diluée dans la matière brute, concentrée dans la matière sèche.  C’est tout un débat.  En fait, les chiffres basés sur la matière brute permettent un calcul facile (1 kg qui sort du sac contient autant de ci et autant de ça).  En revanche, ils constituent une valeur moyenne puisque leur taux d’humidité peut varier.  On est donc jamais sûr qu’1 kg d’orge fraîche vale, sur la balance, 1 UFC.  Les chiffres basés sur la matière sèche sont donc plus précis puisqu’on en a éliminé la seule variable : le taux d’humidité.  Revers de la médaille : il est impossible de mesurer avec exactitude le taux d’humidité d’1 kg d’orge brut, sorti de tel ou tel sac, si l’on est pas équipé pour (laboratoire, etc.).

Concernant l’herbe et le foin, certaines données peuvent apparaître contradictoires quant à la valeur nutritive et la teneur en calcium de l’un et de l’autre : tantôt, on entend que le foin n’a jamais autant de valeur nutritive que le même fourrage sur pied ; ailleurs, on dira que les teneurs en matières azotées et en calcium du foin sont 2 à 5 fois supérieures à l’herbe.  La contradiction n’est qu’apparente : le foin ayant séché, il est plus léger que l’herbe.  A poids égal, il est logique qu’il contienne davantage de protéines et de minéraux, même si chaque brin d’herbe a perdu une certaine partie de sa valeur nutritive en devenant un brin de foin, c’est-à-dire en séchant.

extrait du dossier "l'alimentation du cheval" du n°264 de la revue HippoNews
 




Le préfané pour chevaux

par Philippe Duval d’après les études et la documentation de M. Mark Westaway (Angleterre)

Qu’est ce qu’un préfané ?

C’est de l’herbe naturelle ou cultivée, que l’on coupe et que l’on laisse sécher environ 24 à 36 heures, selon les conditions atmosphériques, pour atteindre à peu près 55 à 60 % de matière sèche (nécessité de plus de M.S. par rapport aux ruminants) et que l’on emballe sous plastique.

Cela signifie que le taux d’humidité, qui peut atteindre jusqu’à 90 % pour l’herbe fraîche, est réduit à 45 - 40 % afin de contrôler les sucres une fois les balles fermée hermétiquement, les bactéries naturelles commencent à décomposer les sucres (cela s’appelle la fermentation), dans le but de "Mariner" et de conserver le fourrage (c’est une fermentation spécifique, à l’abri de l’air). C’est ce qui donnera au préfané son odeur agréable (du moins, au nez du cheval), si caractéristique. Si aucun acide ou autre conservateur artificiel n’est employé dans la préparation du préfané, c’est donc le plus proche équivalent de l’herbe fraîche que vous pouvez donner à votre cheval.

Avantages de l’alimentation avec du préfané

 • Sur le plan respiratoire

La poussière, les spores de moisissure et autres particules minuscules qui sont véhiculées dans l’air que le cheval respire (dues à la mauvaise qualité du fourrage où de la litière) peuvent causer des problèmes sur le système respiratoire. Aussi, l’utilisation du préfané, associé à une litière appropriée, réduit considérablement le nombre de ces spores, et de ce fait, contribue à limiter les problèmes respiratoires.

• Sur le plan nutritionnel

La récolte en préfané évite les pertes nutritives de l’herbe qui existe dans le procédé de fenaison classique. Les niveaux énergétiques, de protéines et de fibres dépendront du type d’herbe employée et du stade de maturité au moment de la coupe, mais de toute façon, ces niveaux sont bien plus élevés que dans le foin et ne sont pas perdus pendant le stockage.

Les préfanés à base de légumineuses (luzerne, trèfles) sont à éviter. Ils ont tendance à provoquer des troubles digestifs chez le cheval (étude effectuée à la faculté de médecine vétérinaire du Sart Tilmant).

Il existe en Angleterre des petits ballots de préfané pour chevaux depuis plus de 15 ans. Ce sont d’ailleurs les Anglais qui ont lancé ce mode de conditionnement. En Belgique aussi, maintenant, vous pouvez trouver des petits ballots à partir de 25 kg, mais il faudra toujours veiller à la qualité car le cheval est moins tolérant que les ruminants aux préfanés de qualité médiocre.

Le préfané se distribue de façon variable, selon le poids et le travail du cheval, mais on considère qu’il en faut à peu près 1 kg (en poids brut) pour 100 kg de poids vif.

Ne pas oublier que tous les chevaux sont différents et qu’il faut adapter chaque ration au besoin particulier de chaque cheval, en prenant en compte aussi la distribution d’aliment sec.

En cas de doute, demandez conseil à votre vétérinaire.

extrait du dossier "l'alimentation du cheval" du n°264 de la revue HippoNews
 
 




Horaire des repas : le grand dilemme
Alain Wilmart

Tout le monde s’accorde à dire que, pour ingurgiter son repas de manière efficace, le cheval doit bénéficier de tout le calme nécessaire : ambiance calme, nerfs calmes, métabolisme normal.

Tout le monde sait qu’un cheval nourri en retard s’énerve, ce qui nuit à sa digestion.  Pour éviter cet énervement, on insiste souvent sur la nécessité de nourrir à heures fixes.

La question est : que signifie “à heures fixes” ?

Quand on sait que certains chevaux, excessivement nerveux, peuvent contracter des coliques graves, simplement parce que leur pitance est servie avec 1/4 d’heure de retard sur l’horaire prévu, on a envie de penser qu’il vaut mieux, en effet, respecter un horaire strict.

Pourtant, certains spécialistes s’accordent à dire que les horaires trop stricts sont dangereux : au moindre retard accidentel, c’est la catastrophe.  Or, nul n’est totalement à l’abri d’un retard causé par un embouteillage, lui-même provoqué par une grève des trains...  En d’autres mots, un cheval réglé comme un métronome est un cheval fragilisé.  On préconise plutôt de nourrir à “périodes fixes”, c’est-à-dire dans une certaine tranche horaire (entre 6 et 7h par exemple), de manière à habituer le cheval à une certaine souplesse.  Mais attention : il convient de ne pas sortir de cette tranche horaire, car il faut donner au cheval le temps de digérer correctement chacun de ses repas.

extrait du dossier "l'alimentation du cheval" du n°264 de la revue HippoNews



LES FIBRES ET L'ALIMENTATION DU CHEVAL
par G. Henneau

POURQUOI DES FIBRES ?

A l'état naturel, dans le moyen-Atlas, par exemple, le cheval marche beaucoup pour trouver une herbe dure et souvent de qualité médiocre.
Par contre dans nos régions, les pâturages sont restreints mais entretenus pour produire une herbe riche et abondante.
Le temps d'écurie est souvent très long et les aliments trop énergétiques et trop concentrés.
Les fibres sont l'élément essentiel de l'alimentation du cheval.

CEPENDANT LE TUBE DIGESTIF EST TOUJOURS LE MEME !!!!

LA BOUCHE :
La mastication des fibres provoque une usure parfaite des dents et une meilleure hygiène dans la bouche. Avec l'utilisation d'aliments broyés ou aplatis, le cheval mastique nettement moins et l'usure des dents est irrégulière d'où, premier problème, la nécessité de faire appel au dentiste chaque année.

ESTOMAC :
L'estomac a une capacité de 12 à 15 litres soit 8,5 % du tube digestif, c'est là que les glucides (l'amidon des céréales et les sucres) sont attaqués.
Deuxième problème, les rations trop riches en céréales vont provoquer une hausse du taux d'acidité dans l'estomac d'où de fréquents problèmes d'ulcères. Chez les chevaux de course, par exemple, qui sont encore souvent nourris exclusivement à l'avoine, on constate plus de 90% de cas d'ulcères.

INTESTIN GRELE :
Dans l'intestin grêle : digestion enzymatique et dégradation des aliments.

GROS INTESTIN :
Le gros intestin est le lieu des fermentations microbiennes et de la synthèse des aliments, il a une longueur de 7 mètres et une capacité de 135 litres soit 65 % du tube digestif.
Troisième problème : si la ration contient trop peu de fibres et un aliment trop concentré, le transit sera irrégulier et le risque de colique sera élevé.

D'OU PROVIENNENT LES FIBRES ?

L'herbe fraiche ou séchée représente la source principale de fibres. La ration du cheval devrait être composée d'au moins 50 % d'herbe ou de foin.
Dans les aliments concentrés, les fibres proviennent principalement de la luzerne et des enveloppes des céréales : son de blé, bourre d'avoine ou d'épeautre, cosses de soja, etc.

PEUT-ON NOURRIR UN CHEVAL EXCLUSIVEMENT AVEC DES FIBRES ?

Oui si la prairie a été conduite de manière extensive, que la flore y est suffisamment variée et que le cheval ne doit pas travailler. Il faut toutefois penser à une complémentation minérale adaptée; il existe des seaux de compléments à lécher que l'on peut laisser à disposition dans la prairie.
Pour les chevaux qui travaillent, choisissez des aliments riches en fibres digestibles (minimum 14 %) et avec une concentration en amidon raisonnable (moins de 30 %).
Pour l'apport d'énergie choisissez le taux de matière grasse adapté au travail de votre cheval :
2,5 à 3 % pour le loisir, 3 à 4 % pour le sport et 6 à 9 % pour l'endurance.

Pour un cheval en bonne santé, pensez " fibres ".

extrait du numéro d'avril 2011 de la revue HippoNews



Le foin de Montfavet : un fourrage royal !
Propos recueillis par Nicole de Jamblinne auprès de Mrs Pepin de Montfavet (publireportage)

Montfavet est un petit village du sud de la France, faisant partie de la commune d'Avignon, dans le département du Vaucluse. Il est célèbre pour sa production de foin.

Au XIXè siècle, Montfavet vivait de l'élevage et de la production du foin. C'est au duc de Crillon-Mahon que l'on doit le creusement du canal qui permit aux eaux limoneuses de la Durance de donner aux terres montfavétaines infertiles des allures de bocage normand. Sur ces plaines nouvellement nourricières, on sema, faucha, s'activa d'autant plus que la nouvelle ligne ferroviaire Avignon-Cavaillon stimulait les paysans en leur offrant de nouvelles possibilités d'exportation de leur foin.
Durant la première guerre mondiale, l'armée acheta les récoltes de ce foin réputé de qualité exceptionnelle par tous les négociants français.
Dans les années 20, à l'initiative des producteurs, un label " Foin de Montfavet " fut créé. Puis, entre les deux guerres, la production abonda les auges chevaux de courses de Chantilly, de Maison-Lafitte, des Haras de Normandie et fut partiellement exportée vers l'Allemagne, l'Italie, la Suisse et même jusqu'en Egypte, pour alimenter les écuries du roi Farouk.

Pas " folle " la vache de Montfavet !
Riche en fromental, trèfle, lupuline, plantain, sauge et millefeuille, le fourrage de Montfavet est connu par sa qualité et ses valeurs nutritives. A ce titre, afin de leur donner une alimentation naturelle ne rendant pas les " vaches folles ", certains éleveurs savoyards, à l'époque des regains, font transhumer une partie de leurs troupeaux de bovins dans les prairies montfavétaines. Compte tenu de l'accroissement des besoins en fourrage de Montfavet, il est devenu nécessaire de conserver ces prairies et même de les étendre.

Quatre coupes par an !
Travaillé sur 735 Ha avec une attention toute particulière par les paysans de Montfavet, le foin donne une production de 8 à 10 tonnes l'hectare. Plus sec que les autres, ce fourrage est d'une qualité remarquable. Les épis montfavétains se vendent de mieux en mieux, la première et la deuxième coupe ayant pour principaux acquéreurs les champs de courses et les Haras de Normandie et les centres d'entraînements français. La troisième est réservée aux ovins et aux caprins, la quatrième servant de pâture hivernale aux troupeaux de moutons.

La mécanisation
La modernisation du matériel agricole a permis aux agriculteurs de Montfavet d'augmenter leurs surfaces de travail sur une période plus courte, tout en respectant le même temps de séchage. La période de fenaison étant assez courte, si l'on veut obtenir une qualité excellente au niveau des valeurs nutritives, il faut que les plantes gardent leurs graines et ne s'effeuillent pas. En période de mauvais temps, on retarde la coupe pour éviter de mouiller le foin. La mécanisation permet de rattraper le temps perdu.

L'apport d'une ration de foin est estimé à l'aide de plusieurs indicateurs :
Taux de cellulose :
Un foin plus faible en cellulose est plus facile à digérer. Le taux de cellulose (paroi végétale ou fibre) est mesuré au laboratoire selon la méthode Wendee.
Matières azotées et protéines : Les besoins azotés sont couverts par l'apport d'acides aminés, résultats de la digestion des protéines.
Les constituants azotés des aliments végétaux sont : protéines, acides aminés libres, amines, nitrates… Ils sont indispensables car ils entrent dans la composition du corps (muscle, os, ..) et dans l'élaboration de toutes les productions (lait, viande, travail).
L'unité fourragère (UF) est l'expression de l'énergie nette d'un aliment, c'est-à-dire la quantité d'énergie qui contribue à couvrir les dépenses d'entretien et de production de l'animal. Par convention, l'unité UF équivaut à la valeur énergétique d'un kilo d'orge (1.828 Kcal). Les UF sont calculées à partir du logiciel Prévalim de l'INRA. Elles sont fonction de la matière azotée. UFC : unités fourragère cheval

Digestibilité de la matière organique ((dMO)
La digestibilité d'un aliment est proportionnelle à la matière organique qui disparaît dans le tube digestif. Elle est fonction de la matière azotée et de la cellulose brute.

Quantité de matière quantité de matière
Organique ingérée - organique rejetée
dMO = ------------------------------------------------------------------------
Quantité de matière organique ingérée

Encombrement de la ration (UE) :
L'UE (Unité d'Encombrement) mesure la possibilité d'ingestion d'un foin. C'est la quantité de foin maximale (matière sèche) qui est ingérée lorsqu'il est distribué à volonté comme seul aliment. L'ingestibilité varie en sens inverse de la teneur en fibres du foin et de l'effet d'encombrement qu'il exerce dans l'estomac.
Les UE sont calculées à partir du logiciel Prévalim de l'INRA. Elles sont fonction de la cellulose.

Rôle des autres éléments minéraux :
Le sodium est présent en grande quantité dans la sudation. Le potassium joue un rôle dans l'excitabilité musculaire. Le magnésium a une influence sur le système nerveux. Le fer a un rôle dans le sang (transport d'oxygène). Le cuivre jour un rôle dans la fabrication des cellules nerveuses. Les oligo-éléments ont une importance capitale.

Rôle des différents éléments dans l'alimentation animale

Rôle de la cellulose :
Ce sont des fibres à mastiquer qui occupent le ruminant plusieurs heures par jour (hygiène mentale). Elles permettent d'activer le transit intestinal (effet de lest). Néanmoins l'excès est nocif : production de gaz pouvant être à l'origine d'irritations et de troubles intestinaux. La digestion de la cellulose produit lentement des sucres et des lipides dans le gros intestin. Ces molécules peuvent être utilisées de suite ou stockées (intérêt énergétique). Pour un cheval le taux de cellulose dans la ration doit être de 16 à 18 %.

Rôle de l'UF :
Le nombre d'UF (Unité Fourragère) requis pour la ration d'un animal va dépendre de ses besoins, donc de son activité ou de son état physiologique.
Ex. : cheval à l'entretien : 2 UF + 0,5 IF/100 Kg de poids vif, auxquelles il faut rajouter + 2 UF pour une jument en lactation.

Rôle de l'UE (Unité d'Encombrement)
Il faut tenir compte de la longueur du réservoir digestif des animaux. Pour cela la ration doit comporter un minimum de lest nécessaire à l'accélération du transit. Inversement, un taux d'UE trop élevé réduit le niveau d'ingestion. Il faut donc trouver un bon équilibre.

Rôle du Calcium :
Le calcium soutient la contraction des cellules musculaires, contribue à la transmission des signaux dans les cellules nerveuses. Il agit comme tampon dans le sang et sur le pH de l'estomac. Il joue un rôle dans l'activation des enzymes et entre dans la constitution des sécrétions (hormones, lait).
Les carences en calcium provoquent des troubles :
- Hypertrophie des têtes osseuses ou crise de croissance (rachitisme, aplombs défectueux, grosses articulations)
- Fièvre vitulaire (hypocalcémie du lait, chute brutale du taux de calcium et de glucose dans le sang)
- Troubles de la reproduction
- Un apport de calcium plus important est nécessaire chez le cheval recevant une alimentation riche en céréales ou vivant sur des terrains acides et chez le poulain en pleine croissance.
- Le calcium et le phosphore interviennent dans la solidité de la charpente osseuse. Ils conditionnent le développement et la robustesse du squelette.

CONCLUSION
L'équilibre alimentaire est la base du rationnement des animaux. Il est particulièrement important chez les animaux à forte production ou chez le cheval de sport performant.
Le coefficient d'encombrement de la ration est cependant un facteur limitant. La quantité ne peut suppléer un défaut de qualité. Pour une activité donnée, le recours à des aliments concentrés ou à des compléments minéraux vitaminés (tels que vitamine D), peuvent être nécessaire pour atteindre l'équilibre alimentaire et le niveau d'énergie souhaité.
Pour améliorer la ration des animaux, la solution la plus économique réside dans l'utilisation d'un foin présentant de bonnes qualités nutritionnelles telles que celles des Foins de Montfavet.
Association de Producteurs de Foins de Montfavet, Square des Cigales, F84140 Montvavet France.

extrait du numéro de juillet 2011 de la revue HippoNews





COMMENT VERIFIER LA QUALITE DU FOIN
par Arthur de Liederke

Un foin trop jeune ou de mauvaise qualité peut avoir de graves conséquences sur la santé de votre cheval : coliques, troubles respiratoires, etc.…
Le présent article traite de la meilleure manière de vous assurer de la qualité du foin que vous achetez ou qui vous est offert dans les gîtes et relais au cours de vos randonnées.

De manière générale, un bon foin est vert et sent bon. Une fois le ballot défait, les brins se séparent aisément.
S'il est aggloméré de couleur blanchâtre ou noirâtre et dégage une odeur âcre, votre foin est moisi dans le premier cas, pourri dans le second. Débarrassez vous de ce foin toxique et ne le donnez surtout pas à votre cheval.
N.B : Il ne faut jamais donner du foin de l'année à votre cheval. Préférez-lui toujours du foin de l'année précédente.
En effet, il faut deux à trois mois pour que le foin de l'année " jette son feu " avant de pouvoir être consommé par les chevaux.
Le foin trop jeune, fermente dans les intestins et est générateur de coliques.
Dès lors, comment s'y prendre pour évaluer correctement l'âge et la qualité d'un foin ?
Prélevez deux brins du foin en question. Cassez-les en les coinçant entre les ongles du pouce et de l'index.
Lorsque les brins sont difficiles à casser, le foin est trop jeune pour être donné à votre cheval.
Lorsque les la cassure des brins est nette, le foin est consommable sans danger par votre cheval.
Lorsque les brins se désagrègent littéralement, il s'agît d'un vieux foin impropre à la consommation parce que trop poussiéreux et de valeur calorique quasi nulle.
Lorsque vous voyez un grand nombre d'épis de graminées dans votre foin, il s'agit de foin de semences. C'est-à-dire d'un foin que l'on a laissé monter au-delà de sa maturité normale afin de récupérer les semences des épis des graminées. Ce foin de seconde qualité est néanmoins consommable sans danger par les chevaux.
Tel est le moyen le plus sûr d'évaluer l'âge et la qualité des foins qui vous seront présentés.

DEPOUSSIERER LE FOIN.

Pour le particulier qui n'a qu'un ou deux chevaux chez lui, il est désavantageux d'avoir recours aux grandes balles de préfané car celui-ci ne se conserve pas assez longtemps une fois ouvert. Que faire, alors, pour débarrasser le foin de la poussière à laquelle votre cheval est allergique ?
Construisez-vous un décantateur à foin comme suit :

Récupérez une vieille baignoire. Découpez aux dimensions de cette dernière un morceau de grillage rigide type fers à béton de manière à ce qu'une fois posé, il soit surélevé de cinq à dix centimètres par rapport au fond de la baignoire. Le foin, totalement immergé dans de l'eau propre une nuit avant d'être distribué décantera et la poussière, se déposera au fond de votre baignoire sans plus se mélanger au foin.
Afin d'éviter tout risque de coliques par fermentation, il convient d'observer une hygiène rigoureuse. Tel est l'inconvénient de ce système.
En hiver, veillez à désinfecter le décantateur une fois par semaine. Versez-y 25 cl d'eau de javel et remplissez-le totalement. Laissez agir cinq à dix minutes avant de vider et rincer abondamment l'installation.
Au printemps ou, à fortiori, en été, veillez à désinfecter le décantateur deux à trois fois par semaine suivant les températures extérieures. La chaleur favorise le développement bactérien.
Le foin ainsi dépoussiéré sera consommable sans danger pour votre compagnon et lui évitera de développer de l'emphysème pulmonaire à moyen ou long terme.

extrait du numéro de juillet 2011 de la revue HippoNews


Les fourrages pour chevaux
par Bernard Gardin

Quand on parle de fourrage, on désigne des produits végétaux, à l'exclusion des grains, destinés à l'alimentation du cheval et plus précisément le foin sec, le foin préfané et la paille.
Le fourrage occupe le cheval. Il le fait mastiquer et saliver, apporte une satiété, le lest et entretient la flore intestinale.

Avant de développer notre sujet, rappelons un principe essentiel : nourrir dans le bon ordre.
De l'eau fraîche en permanence, servir en premier lieu une ration de fourrage et, lorsque celle-ci est consommée, les concentrés (céréales, picotin).
Pour faire simple, les fourrages sont principalement digérés dans l'intestin et les grains principalement dans l'estomac puis dans l'intestin. Si vous donnez le fourrage en même temps que le grain, le cheval mangera d'abord le grain et ensuite le foin. Le foin qui ne fait que transiter par l'estomac entraînera les grains mal digérés. Il est aussi préférable de fractionner la ration de nourriture en plusieurs fois dans la journée.

1. Le foin sec
Après l'herbe, le foin est la base de l'alimentation du cheval. Il constitue un apport de fibres, de calcium et de protéines. C'est pourquoi sa qualité mérite notre attention. C'est précieux, un bon foin !
Il y a autant de qualités de foin qu'il y a de producteurs, de parcelles et de régions. Comme pour le vin, il y a les bonnes et les mauvaises années, les assemblages et les monocépages. L'idéal serait d'avoir dans sa grange des foins d'origines et de compositions différentes afin de rompre une certaine monotonie dans l'alimentation du cheval.

PHOTO FOIN 1
© B. Gardin
Les petits ballots se font de plus en plus rares …

Quels critères contribuent à une bonne qualité du foin ?
- La nature du sol et une bonne gestion des amendements : peu d'engrais.
- La nature des variétés botaniques de l'herbe de fauche : les graminées (fétuque, fléole, ray grass) et les légumineuses (trèfle, luzerne). Plus la composition du foin est variée, plus le cheval aura plaisir à le manger. Ce sont les feuilles qui sont nourrissantes et que le cheval apprécie et non les tiges.
- La maturité de l'herbe au moment de la fauche. C'est au moment où la majorité des plantes d'une prairie est en floraison et que les graines se forment, on parle de début d'épiaison, que le moment de fauche est idéal. Une herbe sans épis, courte et molle (fauche précoce, regain) convient moins pour une alimentation journalière du cheval.
- Les conditions météorologiques du fanage.
Le foin doit sécher entre 3 et 8 jours en fonction de l'ensoleillement, du vent et du mode de conditionnement du foin. S'il essuie la pluie, il sera plus sujet à moisissures et poussières et sera moins nourrissant.
- La hauteur de fauche et de travail.
Une prairie mal entretenue et une hauteur de coupe trop basse contaminent le foin par la terre, la poussières et parfois aussi les petits animaux.
- Le mode de stockage et de conservation influent aussi sur la qualité du foin.
Le foin se conserve bien dans un abri aéré, sans humidité et sans exposition directe au soleil.

PHOTO FOIN 2
© B. Gardin
Le foin est conservé à l'abri de l'humidité et du soleil

Le foin doit reposer quatre mois avant d'être consommé. Sa valeur nutritive est variable puisqu'elle dépend des critères de production. Elle est de toute façon inférieure à celle de l'herbe.

Un foin de bonne qualité présente les caractéristiques suivantes :
- sa couleur est verte, plutôt vert foncé que vert clair
- son odeur est agréable et aromatique,
- sa composition est variée, d'avantage de feuilles que de tiges
- il est sec de manière uniforme sans être cassant, pas trop compacté, sans terre et poussières

Avantages du foin comme fourrage
Il est peu nourrissant et apporte du calcium, des protéines et du lest pour un bon transit intestinal. Il occupe le cheval en lui permettant de mastiquer pendant longtemps. Le transit est maintenu en activation lente tout au long de la journée et de la nuit.

Ration journalière : 1 kg par 100 kg de poids vif à répartir dans la journée.


2. Le préfané

Le préfanage consiste à abaisser de manière partielle la teneur en eau de l'herbe fauchée.
L'herbe fraîche a un taux d'humidité de 80 à 90 %. On récolte le préfané pour chevaux lorsque le taux d'humidité a été réduit à 35%. Par comparaison, le foin est récolté lorsque le taux d'humidité de l'herbe a été réduit à 10%.

Le préfané est très appétant et plus riche en vitamines A que le foin. Les préfanés de légumineuses (trèfle, luzerne) sont à éviter.

Le préfané pour chevaux : une spécialité
Certaines entreprises agricoles se sont spécialisées dans la production de préfané pour chevaux.
Le préfané pour chevaux est différent de celui que l'on produit pour le bétail, il contient plus de matières sèches. Il est plus cher aussi, mais la qualité du produit le justifie.

Processus de fabrication
Le préfané pour chevaux est généralement une herbe sélectionnée et cultivée pour ses qualités fourragères. Les terres sont mises en culture avant l'hiver avec une sélection de semences de divers types de ray grass. A l'épiaison, l'herbe est brossée mécaniquement et fauchée assez haut. Elle est récoltée trois jours après le fauchage, pressée en balles de cinq cents kilos et emballée hermétiquement par plusieurs couches de film plastique. Commence alors une fermentation à l'abri de l'air (transformation des sucres) initiée par des bactéries naturelles. C'est le mûrissement. Il s'échelonnera sur trois mois. Pendant cette période, le taux d'humidité remonte légèrement. Lorsque que le mûrissement est achevé, les balles sont reconditionnées en paquets de 25 kg sous vide. C'est sur cette chaîne de reconditionnement que le contrôle de qualité s'effectue.

PHOTO RAY GRASS 1
© Jowadel
Une culture de ray grass à maturité

Bon à savoir
Les modes de conservation des aliments peuvent présenter des dangers pour la santé si des précautions sanitaires ne sont pas respectées. Le botulisme, qui est une affection pouvant être grave pour le cheval, est une bactérie qui est commune dans le sol et les carcasses en décomposition. Elle peut contaminer l'herbe lors de la récolte. C'est pourquoi les terres sont labourées et remises en culture tous les ans, ainsi les mulots n'ont pas le loisir de s'installer. Les engins agricoles sont équipés de dispositifs d'éloignement du petit gibier. La coupe de l'herbe se fait assez haut et les dents des engins de ratissage sont réglées pour ne pas toucher le sol. La technique d'ouvrir les grandes balles de préfané après mûrissement pour les reconditionner en petits paquets, permet de reconnaître à l'aspect et à l'odeur, une balle présentant des risques qui est dès lors écartée et détruite.

Un préfané pour chevaux de bonne qualité présente les caractéristiques suivantes :
- sa couleur est blonde comme le tabac clair
- le taux de protéine se situe entre 6 et 7 %
- le taux de matières sèche est de 65%
- son odeur est agréable, légèrement surette
- il est souple, avec de longue fibres
- il ne présente pas de traces de moisissures

PHOTO PREFANE
© Jowadel
Le préfané pour chevaux à maturité

Le préfané peut être conservé à l'extérieur, à l'abri du soleil et des fortes températures. Une fois le conditionnement ouvert, il doit être consommé endéans les cinq jours.

Les chevaux sont friands de préfané. Mais tous ne le tolèrent pas, question de flore intestinale. Il faut essayer et observer les crottins. Ration journalière : +/- 1kg par 100 kg de poids vif, en prenant en compte, évidemment, l'activité du cheval et la distribution d'aliments secs.

Avantages du fourrage préfané
Le préfané préserve les voies respiratoires du cheval. C'est un aliment indiqué pour les chevaux souffrant des poussières et des spores de moisissures contenues dans la paille et le foin. C'est un fourrage nutritif. Il contribue à un bon transit intestinal. Il est appétant et il permet de varier l'alimentation du cheval. Il ne nécessite pas d'infrastructure de stockage particulière.

Précautions
Il faut éviter les changements brusques d'alimentation. La flore intestinale doit s'adapter progressivement. C'est particulièrement vrai, au printemps par exemple, pour le passage du foin à l'herbe et c'est aussi le cas pour le préfané, quand les chevaux prennent leurs quartiers d'hiver.

3. La paille

Les variétés de pailles les plus utilisées comme litière et fourrage pour chevaux :
La paille de blé (froment). Le blé est essentiellement cultivé dans les riches terres de Hesbaye. Sa paille est dorée et bien ronde.
La paille d'épeautre est plus douce et elle s'aplatit plus facilement.
L'épeautre (une variété de blé déjà cultivée par les gaulois) supporte les climats plus frais et les sols plus pauvres et est produit en Ardenne, dans le Condroz et l'Entre Sambre et Meuse.
La paille d'avoine est aussi une bonne paille.
Les pailles d'orge ou de seigle (irritantes pour le tube digestif du cheval) sont à proscrire.

La paille est riche en cellulose, sa valeur nutritive est quasi nulle et elle contribue à un bon transit intestinal. Elle occupe le cheval en dehors des heures de repas.


extrait du numéro de juillet 2011 de la revue HippoNews


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